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Mardi 25 janvier 2 25 /01 /Jan 00:02

Les soirées captivantes en couple, il s’en abreuvait. Trois années de vie commune ponctuées par un mariage grandiloquent, malgré les multiples accidents de parcours dont il est inopportun de chercher ici un fautif, c’était tout à fait honorable, somme toute, comme entrée en matière, pour un écrivain libertin davantage fasciné par le fouet du marquis de Sade que par les pensées de Pascal.

Prêtre, tailleurs, témoins, costumes, garçons, filles d’honneur, soutane, proches, robes, enfants de coeur, cravates, collègues, anneaux et maîtresses avaient fièrement paradé, au milieu des accolades de circonstance, devant le parvis de l’église. Même les belles-mères avaient jugé bon de suivre ce cortège pour le moins hétéroclite.

Le maire en personne y était allé de son laïus, auparavant, puisqu’il avait pris soin de célébrer lui-même l’union de deux tourtereaux originaires de la ville qu’il régentait de main de maître, même si il avait failli oublier de compléter le précieux registre officialisant leur alliance, troublé par la profonde émotion qu’il fut sans doute le seul à déceler chez la nouvelle épouse, lors des échanges de consentement.

Sûr qu’il avait fallu relater cet épisode coquasse d’un article de trois lignes au moins dans l’édition quotidienne du canard du coin, entre les actualités locales et les encarts publicitaires que personne ne parcourait.

Très convenable, pensait-il alors, de faire appliquer la loi sans déroger aux traditions.

Seulement, que restait-il de l’article deux cent douze du Code Napoléon et de la philosophie du mariage, six mois plus tard ?

Elle, continuellement plantée devant son écran d’ordinateur, l’obscurité naissante, dévorait les sites pour adultes avec une impudeur qui n’appartenait qu’à elle, sa webcam branchée en permanence, en attendant le jugement du divorce tandis que, avachi dans son fauteuil déformé par ses fesses pesantes, Olivier s’essayait à la relecture d’un roman d’un auteur suisse décidément trop finaud pour son esprit godiche. Un tel tableau avait de quoi faire pâlir Chagall, assurément.

Heureusement qu’il restait Lola, leur adorable petite chienne !

Electron libre désespérément en mal de tendresse, sans cesse tiraillée entre deux bourrus piteusement égocentriques, elle tentait tant bien que mal de sauver les meubles, avant un partage devenu inéluctable.       

Vingt-deux heures vingt-deux. En cinq minutes chrono, notre héroïne, n’y tenant plus, cédait totalement aux injonctions de papy chaud, un chatteur sexagénaire et dominateur un brin plus vicieux encore que son âge le laissait augurer, puisqu’il ne manquait jamais une occasion de marquer son territoire à sa manière sans recourir au viagra.

Las de contempler son profond décolleté sous toutes les coutures, il exigeait de voir sa croupe honorée sur-le-champ.

Magnanime, il permit à Olivier d’insérer dans l’anus de sa subordonnée un plug épais, soigneusement sélectionné parmi différents modèles qu’elle lui proposa en direct, ce qui décupla l’excitation du maître, et par conséquent la sienne.

Circonspect, le cocu ne le fut qu’un bref moment, le temps pour papy d’éjaculer copieusement sur sa webcam et de se retirer immédiatement après, sa branlette accomplie.

Lorsqu’elle se mit à la disposition de son époux, c’est-à-dire en levrette, face à lui, il s’extasia devant son fessier trop large offert enfin à son appétit vorace.

A cet instant, quatre petites pattes velues vinrent le rappeler à leur bon souvenir : il avait omis de soulager leur propriétaire, qui piaffait d’impatience, car elle n'avait pas encore goûté à sa promenade nocturne quotidienne.

Curieusement, il s’empressa de subvenir à ses besoins, contrairement à ses habitudes.

Le collier installé, il ne put s'empêcher d’imaginer sa future ex femme à la place de l'animal.

Il prit la laisse la plus courte qu’il possédait, la privant ainsi au maximum de son espace vital, et la trimbala dehors, au gré de ses envies.

Constatant qu'elle était dirigée avec poigne, la bête se montra particulièrement obéissante.

Au détour d’une ruelle aussi obscure que sordide, ils croisèrent deux femmes peu avenantes, parées d’une longue robe verdâtre ridicule. Et c'est précisément ce ridicule qui lui donna envie d'elles, instantanément. Imaginer sa compagne à ses pieds augmenta son désir.

Sûr de son fait, il s'avança vers elles, alors que la chienne bougeait sa petite queue en panache, frénétiquement.

- Bonsoir.

- Bonsoir, monsieur, répondirent-elles poliment, de concert, un franc sourire aux lèvres, leurs yeux s'attardant sur l’animal, ravies des délicates intentions que des tierces personnes leur accordaient.  

Il ne portait pas son habituel chapeau, ni son long manteau noir en laine, saison oblige, mais il avait quand même droit à un monsieur flatteur, du fait sans doute de disposer à sa guise d'un petit être qui, en tous points, surpassait leur beauté.

En cela, il tutoyait le génie, au moins à leurs yeux, ce qui convenait parfaitement à son état d'esprit à ce moment précis.

Une sensation d’invincibilité parcourait tout son corps. Elle atteignit même son esprit. Non, rien ne pouvait lui arriver, dès lors, et il n’était pas encore suffisamment sot pour ne pas en profiter.

Il déclara :

- Je tiens en laisse une chienne que vous ne dompterez jamais, même en rêve. C'est une shih-tzu qui vient du Tibet. Elle a des origines nobles et elle s’appelle Lola. Elle passe le plus clair de son temps à méditer sur sa condition d'animal domestique ou à dormir comme personne. C'est une fainéante narcissique, une vraie, comme on n'en fait plus, mais elle n’aboie jamais, avec ou sans moi. On peut dire qu’elle est supérieure à toutes les autres chiennes. Son plaisir passe d'abord par le mien. Il est suspendu à la réponse que vous allez me donner maintenant.

Il montra du doigt un immeuble, avant de reprendre :

-  Vous voyez cet immeuble, là ?

-  Oui, lancèrent-elles, ahuries.

- Au cinquième étage, dans une pièce, il y a, au moment où je vous parle, une femme qui m'attend. Cette femme, c'est la mienne, comme l’animal qui se traîne à mes pieds et qui vous fascine tant. Mais contrairement à ma chienne, ma femme a davantage de caractère.

Ca va faire une demi-heure maintenant qu'elle regarde un film porno, un plug enfoncé entre les fesses. Un plug, au cas où ça ne vous dit rien, c'est un instrument de jouissance pour les plaisirs solitaires. J'ai besoin de délivrer mon épouse, mais seul, j'y arriverai jamais, parce qu’elle est insatiable. Ses cuisses sont volontiers ouvertes quand on sait s’y prendre. Elle a un sourire malicieux et une grâce de petite bourgeoise qui vous plairont, c'est certain. Les femmes mûres l'excitent, moi aussi, surtout les inconnues. Si vous réussissez à la faire jouir, je vous offre ma chienne. Si vous me trouvez dingo, il ne faut pas m'en vouloir, c'est dans l'air du temps. Délicatement outrées, les deux inconnues ne purent qu'accepter la proposition, tant elle était délicieusement licencieuse, surtout que ni l'une, ni l'autre n'avaient le moindre penchant homosexuel. Qu'à cela ne tienne ! la partie à cinq promettait monts et merveilles.

La chienne, libérée de son étreinte à son retour, s'adonna à son activité favorite, la méditation, ses yeux globuleux rivés sur les protagonistes à un tel point qu'elle apporta sa contribution à l'immense feu d'artifice qui eut lieu par la suite.

Il est peu courant que le voyeurisme d'une bête stimule des êtres humains à ce point. 

Pourtant, force était de constater qu'elle y parvint, et remarquablement, puisque son regard pénétrant hypnotisa les participants, totalement sous son emprise despotique.

Olivier retira le plug de l'anus de sa femme, suffisamment dilaté, l'introduisit alternativement dans son vagin et son anus cinq, dix, vingt fois, jusqu'à ce que de véritables coulées de mouille dévalassent le long de ses cuisses menues.

Lola, par un simple hochement de tête adroitement dirigé, somma une des deux inconnues de laper le précieux liquide et de le recracher illico dans la bouche de l'autre.

Le dard d’Olivier atteignit alors sa taille maximale. Il fut autorisé à piquer la bouche de sa compagne, littéralement déchaînée.

Un seul sexe ne lui suffisait pas. Elle cracha dessus, histoire de montrer son mécontentement et le repoussa sans ménagement. 

Les deux étrangères ouvrirent alors un sac contenant deux grands godes noirs, qu'elles enfoncèrent dans sa grande bouche assoiffée. Des larmes jaillirent de ses grands yeux bleus, à mesure des va-et-vient qui aboutirent à une crise d'étouffement qu'elle ne savait pas gérer.

Profitant de sa faiblesse, Olivier pénétra son cul, à sec. Un râle s'échappa de sa bouche violée.

La chienne, attentive, accompagna chacun de ses violents coups de rein par des aboiements aigus. Il l’encula longuement. Perverse dans l’âme, Lola imposa à Olivier d'honorer ensuite l'autre orifice de sa domestique éphémère. Il s’exécuta sans sourciller.

Au même moment, une des convives enfila un gode ceinture de vingt centimètres au moins, qu'elle trempa dans un verre d'huile de table.

Dans une communion sans pareille, ils enfourchèrent leur esclave, synchronisés comme jamais, devant leur chef d'orchestre, velu et vigilant, qui comptabilisait les coups de queue en aboyant, tout en dirigeant habilement la manoeuvre.

En sueur, la garce goûta à cette sublime double pénétration un temps considérable, couinant comme une truie, jusqu'à ce que l'immeuble entier, troublé par le vacarme causé par cette séance improvisée, se pressât à la porte de leur appartement.

La chienne, décidément très consciencieuse, filtra les entrées.

A tour de rôle, tous eurent l'honneur de savourer la félicité suprême, celle des sens, que le tout puissant n'autorisait qu'en de trop rares occasions.

La séance s'acheva quand l'aube, revancharde, chassa les derniers relents de la lune, pleine, qui pénétrait l’atmosphère de son haleine fétide depuis suffisamment longtemps pour tout le monde, à l'instant où les esprits rotors n'aspiraient qu'à un seul et unique but, l'oubli, enveloppés dans les nappes épaisses d'un repos jugé salvateur.

Olivier n'eut pas le courage de joindre l’acte à ses paroles. A défaut de son épouse, il conserva sa chienne : elle lui était trop précieuse.


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