Le blog de ecritsinterdits.erog.fr
Tout commence par une annonce, inscrite au marqueur sous un abri bus, à l’emplacement réservé pour les informations locales.
« Tu es black et musclé tu veux tiré un coup avec une vrai nimpho qui aime ça apelle la veuve noir au 06-14-65-98-04 après vingt heures. J’ai des gros nichons et je taille des pipes comme persone »
Pas moins de six fautes d’orthographe en trois lignes seulement ! Si le message s’avérait authentique, la greluche en question avait manifestement quelques carences grammaticales…
Quelle importance cela pouvait avoir, néanmoins, puisque les rares filles brillantes qu’il avait côtoyées jusqu’alors ne lui avaient pas laissé un souvenir impérissable au plumard.
L’aiguille de sa montre indiquait dix-neuf heures cinquante-cinq. Pourquoi ne pas essayer, après tout, puisqu’il trimbalait son portable sur lui, chose inhabituelle, et qu’il lui restait suffisamment d’unités pour baratiner paisiblement ?
Il alluma son appareil, mémorisa le numéro, qu’il composa dix minutes plus tard, une fois rentré chez lui.
Dès la seconde sonnerie, une voix atone répondit :
- Allô ?
- Oui, je suis bien chez la veuve noire ?
- Ouais, c’est ça. C’est qui, à l’appareil ?
- En fait, tu ne me connais pas. Et c’est justement pour ça que je t’appelle, parce que j’aimerais bien que ça change…
- Wouah, le délire !! Comment t’as eu mon numéro ?
- Sous un arrêt de bus. Quelqu’un l’a noté, avec un message, signé la veuve noire ! C’était pas toi ?
- Si, la veuve noire, c’est mon skip, à la C.B, mais j’ai jamais rien écrit sous un arrêt de bus, moi !
- J’aurais dû m’en douter que c’était un canular… lâcha t-il, dépité.
- Quoi ??
- J’ai dit que j’aurais dû savoir que c’était un canular.
- C’est quoi, un canular ?
- Une mauvaise blague.
- Ah…
Sur deux aspects, l’annonce était exacte. Il y avait effectivement une bécasse surnommée la veuve noire au numéro indiqué, qui ne rayonnait pas par ses qualités spirituelles, comme il le supposait.
- Navré de t’avoir dérangée.
- Ce n’est pas grave.
- Bon, ben… je vais te laisser, alors…
- Attends ! Il disait quoi, le message ?
- Tu veux vraiment le savoir ?
- Ouais, je suis curieuse.
- Je préfère ne pas te le dire, c’est choquant !
- T’inquiète, je connais des tas de raclos, j’ai l’habitude…
- Le message disait que si on était noir et qu’on voulait coucher avec toi, il suffisait d’appeler ton numéro. Il y avait aussi écrit que tu savais bien te servir de ta bouche et que t’avais des gros seins. Désolé de te dire ça aussi grossièrement, mais c’était écrit comme ça…
- Wouah, le délire !!
- Je sais, c’est choquant…
- Je me demande qui c’est qui a marqué ça… Parce que c’est vrai, en plus ! s’exclama-t-elle, audacieuse.
- Pardon ?
- Le message dit la vérité ! J’aime bien faire ça avec des noirs, je taille des pipes mortelles, et j’ai des gros nichons naturels. Je fais 100 D. J’aime bien les montrer. Les mecs, ils sortent avec moi rien que pour ça ! T’es black, toi ?
- Ouais. C’est pour ça que je t’ai appelée, d’ailleurs.
- Je kiffe trop les blacks ! Ils sont trop bien bâtis, c’est de trop de la balle ! Qu’est-ce que t’as comme look ?
- Gangsta.
- C’est trop de la balle, les ganstas !! On peut se voir, si tu veux !!! s’enthousiasma-t-elle
- Je te préviens, je ne suis pas très musclé…
- C’est pas grave, tant que t’es black…
- Je me posais la question, aussi. Pourquoi les blacks ? Il n’y a pas qu’eux qui sont bien musclés.
- Ouais, je sais… Mais eux, ils ont des grosses queues ! Je kiffe trop ça, les grosses queues des blacks ! J’ai jamais vu une bite blanche de toute ma vie ! La première fois, je l’ai fait avec un black de dix-huit ans. J’en avais quatorze. Depuis, je peux plus me passer d’eux. C’est comme une drogue.
- Et t’as quel âge, maintenant ? Moi, j’en ai vingt-cinq.
- J’ai fêté mes dix-sept ans la semaine dernière.
- Quoi ?! T’es encore qu’une gamine !! s’indigna t-il.
- Comment tu me parles, toi !! Avant de juger, tu ferais mieux de me voir ! J’ai toujours fait plus que mon âge ! A douze ans, quand je suis rentrée en sixième, les gars de troisième voulaient tous sortir avec moi, parce que j’étais déjà formée ! J’ai baisé plein de fois avec des mecs de ton âge, il ne faut pas croire !
- Excuse-moi ! Je retire ce que j’ai dit. On pourrait se voir rapidement, tu penses ?
- Ouais, bien sûr ! Juste un truc, encore. Combien il mesure, ton engin ? demanda-t-elle, sans aucune gêne.
- J’en sais rien, moi… Je ne me suis jamais amusé à le mesurer !
- Parce que je te préviens, en dessous de vingt, je ne prends pas ! J’ai essayé, une fois. Aucune sensation !!
- T’inquiète pas, tu ne regretteras pas, j’en ai une grosse… Demain, t’es libre ?
- Demain ? Non, ça ne va pas. Je sors avec un gars.
- Ah, bon ? T’as un mec, en ce moment ??
- Plusieurs, en fait, ça me fait des emplois du temps chargés… Mais qui t’a dit qu’on se reverrait encore, après ? osa-t-elle déclarer.
- O.K, ça marche. Pas de sentiments, juste du cul !
- Ce soir, ça va pour toi ?
- Ce soir ? Pas de problèmes. Je raconterai une connerie au type que je dois voir. En plus, il est collant, alors ça m’arrange.
- On peut aller chez moi si tu veux, dans mon appart. Je peux passer te prendre en voiture ?
- D’accord. T’habites à Thionville ?
- Ouais, à la côte des roses. Et toi ?
- Terville. C’est chaud, la côte des roses !
- Il faut faire avec ce qu’on trouve. Bon, je vais te chercher devant l’église, si tu veux. Neuf heures et demi, ça te convient ?
- Ouais, ça me laisse le temps de me préparer.
- Comment je saurai que c’est toi ?
- Tu ne pourras pas me rater, tu verras ! se vanta-t-elle. J’aurai des grandes bottes blanches, une mini jupe, une casquette en vinyle et un chemisier décolleté blanc.
- OK. Moi, j’ai une BM noire immatriculée au Luxembourg. Neuf heures et demi, alors ?
- D’accord. Sois-là à l’heure, je n’ai pas pour habitude d’attendre les raclos. Normalement, c’est eux qui m’attendent…
- Promis, je serai devant l’église à neuf heures et demi pile. A tout à l’heure. Allez, je te laisse !
- Tchao, beau gosse !
Ils se retrouvèrent à l’heure convenue avec un plaisir non feint.
Les caprices soudains de la météo n’avaient pas empêché la veuve noire de faire forte impression. Sa tenue vestimentaire flirtait avec l’indécence, ce qui n’était pas pour contrarier les desseins de son partenaire de passage, qui guignait sans cesse en direction de son décolleté profond. Les filles vulgaires comme elle le faisaient fantasmer.
Quant à lui, il rentrait parfaitement dans ses critères. Son crâne rasé, ses boucles d’oreilles, son jean baggy, son polo Lacoste et les bagues tapageuses qu’il portait à chaque doigt lui conféraient indiscutablement un look de bad boy.
Exceptionnellement, l’église ouvrait encore ses portes, malgré l’heure tardive.
- J’ai envie de faire ça à l’intérieur. Suis-moi ! ordonna-t-elle
- Arrête, t’es folle ! Pas ici !!
- Il n’y a personne, j’ai vérifié tout à l’heure…
- Non, je ne marche pas, désolé ! On ne dirait pas, comme ça, mais j’ai encore des principes, moi !
- Ecoute, c’est à prendre ou à laisser ! Faire ça dans une église, c’est un de mes fantasmes les plus fous. Ça ne m’est encore jamais arrivé… On ne crève qu’une fois, merde ! Pour une fois qu’il y a personne, il faut en profiter. En plus, avec le temps pérave qu’il fait, on ne risque pas d’être dérangés.
- Bon… d’accord ! Mais c’est bien parce que c’est toi, hein !! concéda-t-il
- T’es chou !
Ils se dirigèrent vers l’autel, à pas feutrés, comme s’ils avaient conscience de briser un tabou. Rapidement, leurs pulsions animales prirent le dessus.
Lentement, la veuve noire ôta ses vêtements. Un corps de déesse, couronné d’une paire de loches gigantesque, malgré son jeune âge.
Sa main se posa instinctivement sur le grand membre raide de son vis-à-vis, qu’elle empoigna fermement après l’avoir délogé de sa planque, tandis qu’elle fixait le portrait de Jésus-Christ, qu’elle avait en face d’elle, sur le vitrail.
Elle accéléra progressivement le mouvement, jetant de temps à autre quelques coups d’œil furtifs sur son voisin, qui gémissait mollement. Parvenu à un état d’excitation intense, elle se posta face à lui.
- Quel engin, que t’as ! J’ai encore jamais vu un truc de cette taille ! On dirait un crochet… Je vais te montrer ce que je sais faire avec ma bouche.
- Vas-y, te gêne pas, petite chienne !
Elle s’exécuta, mettant beaucoup de cœur à l’ouvrage pour tenter d’engloutir son outil.
- Tu aimes ?
- Ne t’arrête pas, surtout, pompe…
- Attends, j’ai tout prévu.
Elle fouilla dans son sac à main et délogea un préservatif.
- Le plastique, c’est fantastique.
- Tourne-toi ! Je vais te prendre en levrette.
- D’abord, tu enfiles ça !
Elle décacheta l’objet et appliqua le caoutchouc sur sa verge turgescente.
- Mon dieu, comme t’es monté ! Elle rentre à peine, la capote, tellement qu’elle est grosse !!!
Les deux profanes s’offrirent une mémorable partie de jambes en l’air, hurlant à tout va, sous l’œil indifférent de Jésus-Christ, unique témoin oculaire, que la veuve noire couvrait sans cesse de ses regards lascifs.
Quand tout fut terminé, les deux hôtes se séparèrent, sans échanger la moindre parole.
Quelques semaines plus tard, tous deux décédèrent brutalement, au même moment, rattrapés par un virus foudroyant d’origine inconnue.
Dieu n’est sans doute pas étranger à cela. Peut-être les a-t-il châtiés, pour avoir osé souiller un lieu sacré. Peut-être aussi s’est-il vengé, à sa façon, fâché de n’avoir pu faire participer son fils à leurs torrides ébats. Assurément, ses voies demeuraient impénétrables…